Vous rentrez du travail, les bras chargés, le cœur ouvert… et votre enfant se détourne de vous pour foncer vers l’autre parent. Ou à l’inverse, c’est vous qu’il réclame à corps et à cris, au point que votre conjoint·e ne peut plus s’en approcher sans larmes. 😮💨
Si vous vivez ça, sachez que vous n’êtes pas seul·e et que vous ne faites rien de mal. La préférence parentale est l’un des phénomènes les plus déstabilisants de la vie de famille… et aussi l’un des plus normaux. Voici ce qu’il faut savoir pour traverser cette période plus sereinement.
🔍 Pourquoi mon enfant préfère-t-il un parent à l’autre ?
👶 Chez les tout-petits (1-3 ans)
Entre 1 et 3 ans, l’enfant est en pleine construction de son attachement. Il commence à comprendre qu’il est un être séparé de ses parents. Cette prise de conscience peut être vertigineuse. Pour se sentir en sécurité, il s’accroche à la figure qu’il perçoit comme la plus disponible, la plus prévisible, celle dont les bras lui semblent les plus familiers à ce moment précis de sa vie.
Ce n’est pas un jugement sur l’autre parent. C’est une stratégie de survie émotionnelle. 💛
La préférence peut aussi fluctuer selon le contexte : fatigue, changement de routine, nouvelle fratrie, reprise du travail d’un parent… Tout ce qui bouscule son monde peut intensifier ce besoin de « son » parent.
🧒 Chez les enfants d’âge préscolaire (3-6 ans)
Vers 3-6 ans, la préférence prend souvent une coloration différente. L’enfant entre dans une phase d’affirmation identitaire : il se construit une image de lui-même, teste les limites, et cherche des modèles. Il peut choisir un parent « comme moi » (même genre, mêmes centres d’intérêt) ou au contraire celui qui lui offre ce dont il a besoin à l’instant : plus de douceur, plus d’aventure, plus de structure.
À cet âge, la préférence peut aussi être une forme de pouvoir 💪 : l’enfant découvre qu’il peut influencer les adultes, provoquer des réactions, parfois même mettre les parents en compétition sans en avoir conscience.
💔 Ce que ressent le parent « écarté »
Soyons honnêtes : être le parent rejeté, ça fait mal. Même quand on sait que c’est normal, même quand on essaie de prendre du recul… la piqûre est réelle.
Sentiment de rejet, de culpabilité, d’incompétence, parfois même une pointe de jalousie envers l’autre parent. Tout ça est humain. Le tout est de ne pas laisser ces émotions dicter les comportements : forcer le contact, se montrer distant·e par protection, ou entrer en rivalité avec le parent préféré ne feraient qu’aggraver les choses.
✅ 6 choses concrètes à faire (et à ne pas faire)
1. 🤲 Accueillez la préférence sans la combattre Inutile d’essayer de convaincre votre enfant de vous aimer « pareil ». Plus vous luttez contre la préférence, plus elle se renforce. Nommez-la calmement : « Tu veux que ce soit papa qui te fasse le bain ce soir, je comprends. »
2. 🕯️ Maintenez des rituels avec le parent écarté Pas besoin de grands moments. Un rituel simple et régulier. Par exemple, le café du matin ensemble, une chanson avant le repas, une balade le week-end. Cela tisse des liens en douceur, sans forcer.
3. 🛑 Évitez de négocier sous pression Quand votre enfant hurle « je veux maman ! » au moment du coucher, ce n’est pas le bon moment pour « travailler » la relation avec l’autre parent. Gérez la crise avec calme, et travaillez le lien dans les moments apaisés.
4. 🙏 Ne vous dévaluez pas (ni ne dévaluez l’autre) « Tu vois, papa fait mieux que moi » ou « De toute façon tu préfères toujours maman » : ces petites phrases, dites à la légère, peuvent s’imprimer durablement. Restez neutres sur la préférence.
5. 🫶 Prenez soin de vous Si la situation vous pèse vraiment, parlez-en à votre conjoint·e, à un·e ami·e, à un professionnel. Vos émotions méritent d’être entendues, pas ravalées.
6. ⏳ Faites confiance au temps La préférence parentale est presque toujours transitoire. Elle évolue, s’inverse parfois, et finit par s’équilibrer. Ce n’est pas une sentence définitive sur votre relation avec votre enfant. 🌱
🔔 Et si ça dure longtemps ?
Si la préférence est très rigide, très intense, ou associée à d’autres signaux (régression, anxiété de séparation marquée, refus scolaire…), il peut être utile d’en parler avec un professionnel. Pas parce que quelque chose « ne va pas » mais parce que parfois, un regard extérieur aide à y voir plus clair. 🌟
Vous traversez cette période et vous vous sentez dépassé·e ? Je vous accompagne avec bienveillance pour retrouver de la sérénité dans votre quotidien de parent.
💬 En résumé
La préférence parentale n’est ni une trahison ni un verdict. C’est une étape du développement de l’enfant, une façon maladroite mais sincère d’exprimer ses besoins. Votre rôle n’est pas d’être le parent préféré, c’est d’être un parent présent et fiable, même quand ce n’est pas votre tour. 💛
📚 Pour aller plus loin
- Bowlby, J. — Attachement et perte (théorie de l’attachement, référence fondatrice)
- Filliozat, I. — J’ai tout essayé ! (comprendre les comportements des 1-5 ans)
- Gueguen, C. — Pour une enfance heureuse (neurosciences et parentalité bienveillante)
- Siegel, D. & Bryson, T. — Le cerveau de votre enfant (développement émotionnel et cérébral)

